On ne l'invite pas mais elle vient quand même. Ségolène Royal est venue bouleverser les «1ères rencontres du rassemblement» de «socialistes, écologistes et démocrates», des communistes au
MoDem, organisées ce samedi à Dijon par l'eurodéputé PS Vincent Peillon.
Ce dernier, pourtant numéro 1 du courant de Ségolène Royal l'Espoir à gauche, n'a pas caché sa désapprobation. Interrogé par l'AFP, il n'a pas pris de gants, jugeant «dommage de venir un peu
perturber le sens de ce qu'on essaie de construire» et «qui est fragile». La veille, sur Europe 1, Vincent Peillon avait déclaré que cette
«visite surprise» n'était «pas désirée» et avait parlé de «coup médiatique».
«Dérapage verbal»
Ségolène Royal n'a pas apprécié et l'a fait savoir, façon de reprendre la main sur son courant politique: «Je ne comprends pas que Vincent Peillon auquel j'ai accordé toute ma confiance et
une place éminente dans l'organisation de ce mouvement puisse aujourd'hui déraper verbalement comme il l'a fait sur Europe 1», a-t-elle déclaré lors d'un point presse ce samedi. Et d'ajouter:
«Il a commis une faute politique et un dérapage verbal qui ne doit pas se reproduire.»
Arrivée à la mi-journée, la présidente socialiste du Conseil régional de Poitou-Charentes a été accueillie sur le parvis du Palais des Congrès par le sénateur-maire de la ville François
Rebsamen, son fidèle lieutenant Jean-Louis Bianco ainsi que le député socialiste Gaétan Gorce. Elle a eu droit à beaucoup d'applaudissements et à des «Ségolène» tandis que des drapeaux de sa
campagne présidentielle de 2007 étaient déployés.
«Très joyeuse»
Comme les journalistes, très nombreux, lui demandaient si sa présence constituait un coup médiatique, Ségolène Royal a répondu: «Pas du tout! Je suis très joyeuse d'être là».Comme on lui
rétorquait que Vincent Peillon n'était pas ravi de sa présence, elle a répondu: «Mais si! Nous sommes tous dans la même famille politique. Il y a des moments parfois de petite tension et des
moments de réconciliation».Ségolène Royal s'est isolée avec ses proches dans une salle du premier étage du Palais du Congrès, où elle a finalement été rejointe, avec un peu de retard, par
Vincent Peillon.
Sur son site, la présidente de Poitou-Charentes a assuré venir à Dijon «à l'invitation de François Rebsamen», sénateur-maire de cette ville. Celui-ci
précise innocemment avoir convié «Ségolène Royal au même titre que tous les militants et responsables du PS».
20 minutes | Photo > Agence France Presse